Deux fromages au lait cru font l'objet d'un rappel national publié le 3 mars 2026 sur la plateforme RappelConso : un fromage de Savoie vendu en crémeries et un Reblochon de Savoie AOP U Saveurs disponible dans les magasins U. Motif commun : la présence d'Escherichia coli shiga toxinogène (STEC), une bactérie capable de provoquer de graves toxi-infections alimentaires.
La saison des raclettes touche à sa fin, mais elle laisse derrière elle un risque sanitaire bien réel. Deux fromages savoyards au lait cru, vendus sur l'ensemble du territoire français, sont rappelés d'urgence en raison d'une contamination bactérienne détectée. Si vous avez acheté l'un de ces produits ces dernières semaines, la consigne est claire : ne pas les consommer.
Ce type d'alerte n'est pas anodin. La bactérie en cause, le STEC, figure parmi les agents pathogènes les plus surveillés dans les fromages au lait cru, justement parce que ses conséquences peuvent dépasser le simple épisode gastro-intestinal. Ce rappel concerne potentiellement des milliers de consommateurs, dans les rayons coupe comme dans les grandes surfaces.
Deux produits identifiés, une même bactérie en cause
Le premier produit rappelé est un fromage de Savoie au lait cru sans marque spécifique, vendu sous forme de pièce ronde dans un emballage papier. Son poids varie entre 400 et 450 g, et il porte le numéro de lot 6-02H ainsi que la marque sanitaire FR 74.145.050 UE. Sa date limite de consommation est fixée au 8 avril 2026. Il a été commercialisé entre le 5 et le 18 février 2026 dans des crémeries et des rayons coupe, via huit distributeurs : Hautbois, Deroche Normandie et Picardie, Laiterie du Grand Clos, Losfeld, Au bonheur des petites souris, Brenthonne coopérative, RIBEXPE et Savoie Comestibles.
Le second produit est le Reblochon de Savoie AOP U Saveurs, commercialisé sous la marque propre des magasins U. Il s'agit du format 450 g à 28 % de matière grasse, référence UDNR. La procédure de rappel court jusqu'au 15 avril 2026.
Des fromages au lait cru particulièrement exposés
Les fromages au lait cru présentent un profil microbiologique différent de leurs équivalents pasteurisés. Le lait n'étant pas traité thermiquement, les bactéries naturellement présentes dans l'environnement d'élevage ou de fabrication peuvent survivre jusqu'à la mise en vente. Le STEC en particulier résiste bien dans ces matrices fromagères, notamment lors de la période d'affinage. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que des fromages de ce type font l'objet de rappels : un précédent rappel portant sur des fromages au lait pasteurisé avait déjà touché d'autres enseignes pour des raisons similaires.
Ce que dit la réglementation sur les STEC
L'Escherichia coli shiga toxinogène est classé parmi les agents zoonotiques prioritaires en Europe. Sa présence dans un aliment destiné à la consommation humaine déclenche automatiquement un rappel, quelle que soit la quantité détectée, en raison de la dose infectieuse très faible nécessaire pour provoquer une maladie.
Des symptômes qui peuvent rapidement devenir graves
L'ingestion de STEC provoque des symptômes qui apparaissent généralement quelques jours après la consommation. Le tableau clinique habituel comprend des diarrhées, parfois sanglantes, des douleurs abdominales, des vomissements et une fièvre possible. Ces signes ressemblent à une gastro-entérite classique, ce qui peut retarder le diagnostic.
Mais la bactérie peut aller plus loin. Dans 5 à 8 % des cas, l'infection évolue vers un syndrome hémolytique et urémique (SHU), une complication rénale grave qui peut nécessiter une hospitalisation, voire une dialyse. Les enfants en bas âge sont les plus vulnérables à cette évolution sévère.
Si vous ou un proche présentez des diarrhées, des douleurs abdominales ou des vomissements dans les jours suivant la consommation de l’un de ces fromages, consultez un médecin sans attendre. Mentionnez explicitement la possible exposition au STEC.
des cas d’infection à STEC évoluent vers des complications rénales graves
Ce que vous devez faire si vous avez acheté ces fromages
La consigne est identique pour les deux produits : ne pas consommer, même si le fromage a été entamé, même s'il a été cuit. La cuisson ne garantit pas l'élimination complète de la bactérie dans ce type de produit, et le risque persiste.
Pour le fromage de Savoie vendu en crémeries
Si vous avez acheté ce fromage entre le 5 et le 18 février 2026 dans l'un des huit points de distribution mentionnés, vérifiez la marque sanitaire (FR 74.145.050 UE) et le numéro de lot (6-02H). Le produit doit être rapporté au point de vente pour remboursement. En attendant, conservez-le au réfrigérateur dans son emballage d'origine.
Pour le Reblochon U Saveurs en magasins U
Les détenteurs du Reblochon de Savoie AOP U Saveurs 450 g peuvent rapporter le produit dans n'importe quel magasin U pour obtenir un remboursement. Pour toute question, le service client des magasins U est joignable au 09 69 36 69 36, jusqu'au 15 avril 2026. Ce numéro est gratuit et accessible depuis un téléphone fixe ou mobile.
Ces démarches s'appliquent même si le produit n'a pas encore atteint sa date limite de consommation. La DLC ne préjuge pas de l'absence de contamination bactérienne.
Ne consommez pas ces fromages, même cuits. Rapportez-les en magasin pour remboursement. Consultez un médecin si des symptômes apparaissent dans les jours suivant leur consommation.
Comment vérifier si vous êtes concerné
Tous les rappels de produits alimentaires en France sont centralisés sur la plateforme RappelConso, accessible en ligne. Cette alerte, publiée le 3 mars 2026, y est référencée avec l'ensemble des informations techniques nécessaires à l'identification des lots.
Pour le fromage de Savoie vendu en crémeries, l'absence de GTIN (code-barres universel) rend l'identification visuelle indispensable : la marque sanitaire imprimée sur l'emballage papier reste le critère le plus fiable. Pour le Reblochon U Saveurs, le conditionnement standard de 450 g et la mention UDNR permettent de l'identifier rapidement dans votre réfrigérateur.
Si vous êtes amateur de fromages savoyards et que vous préparez régulièrement des plats d'hiver, ce rappel illustre l'intérêt de conserver les emballages jusqu'à consommation complète du produit. Les références de lot et marques sanitaires, souvent négligées, deviennent indispensables dans ce type de situation. Et si vous souhaitez explorer d'autres recettes fromagères ou des plats mijotés en cocotte pour les soirées de fin d'hiver, veillez à vous approvisionner auprès de produits non concernés par cette alerte.





