En France, la baguette fait figure d’icône nationale. Pourtant, même si cet emblème du patrimoine culinaire fait l’objet de multiples adaptations, certains puristes s’insurgent face aux dérives modernes. Bruno Cormerais, reconnu comme meilleur ouvrier de france dans son domaine, monte au créneau pour rappeler les règles fondamentales d’une dégustation authentique. À ses yeux, il existe une façon précise de manger la baguette, et le respect de cette tradition influe sur la saveur, la digestion, mais aussi sur la santé.
Pourquoi éviter le pain blanc et mou ?
Beaucoup réclament aujourd’hui des pains au cœur fondant, à la mie souple, souvent synonymes de baguettes peu cuites. Or, selon bruno cormerais, la préférence pour une baguette croustillante ne relève pas d’un simple snobisme gastronomique. Il insiste sur les méfaits du pain blanc et mou largement répandu sur les étals des boulangeries modernes, qui n’a rien à voir avec la baguette traditionnelle française.
Le problème réside surtout dans la texture : ce type de pain est composé essentiellement de glucides rapidement assimilés par l’organisme. En consommer trop fréquemment revient à exposer son corps à des pics glycémiques parfois difficiles à gérer. De plus, une cuisson insuffisante ne permet pas de développer tous les arômes ni d’assurer une bonne prédigestion des matières premières utilisées.
La cuisson de la baguette : un enjeu pour la saveur et la santé
Bruno Cormerais l’affirme sans détour : la cuisson de la baguette détermine toute l’expérience gustative. Une croûte dorée, voire bien colorée, révèle tout le potentiel aromatique du blé et favorise le plaisir en bouche. Au-delà de l’aspect visuel, cette cuisson optimale joue plusieurs rôles essentiels qu’il convient de mieux comprendre.
Un pain bien cuit préserve davantage les nutriments présents dans la farine, notamment lorsqu’on a recours au levain. La cuisson longue permet également de neutraliser l’acide phytique naturellement contenu dans les céréales, facilitant ainsi l’assimilation des minéraux. À l’opposé, le pain blanc mangé à peine sorti du four perd beaucoup en bienfaits nutritionnels.
Le rôle déterminant du levain et de la prédigestion
Le levain traditionnel reste le choix privilégié pour confectionner une vraie baguette française. Non seulement il accentue les saveurs, mais il a également un impact sur la prédigestion des aliments. Les ferments naturels transforment partiellement l’amidon, ce qui rend le pain plus digeste et limite la sensation de lourdeur après le repas.
Grâce à ce procédé, chaque bouchée contribue réellement au bien-être digestif. Cette attention portée à la fermentation distingue la baguette française artisanale du pain industriel, où l’ajout d’additifs vise avant tout à prolonger la conservation, parfois au détriment de la qualité.
L’importance de la mastication et de la texture
Une baguette croustillante réclame une mastication plus lente, offrant une expérience sensorielle unique. Selon le meilleur ouvrier de france, la nécessité de mastiquer convenablement déclenche une production accrue de salive, étape cruciale pour démarrer la digestion et libérer pleinement les arômes du pain.
La structure alvéolée et la croûte résistante participent activement à ce rituel. Ce contraste entre mie fondante et enveloppe craquante transforme la dégustation en moment de plaisir renouvelé et contrebalance efficacement le sentiment de satiété.
La façon de manger la baguette : respecter la tradition boulangère
Manger une baguette traditionnelle requiert donc davantage d’attention que le simple fait de la rompre à la hâte ou de la garnir sans réfléchir. Bruno Cormerais appelle à revaloriser la gestuelle artisanale : croquer dans une croûte dorée, savourer un morceau encore tiède, sentir le parfum subtil qui s’en dégage… Autant de gestes qui font honneur au savoir-faire français.
À cela s’ajoute une recommandation inattendue : éviter systématiquement le passage de la baguette au réfrigérateur, faute de quoi elle perd sa texture originale et se ramollit. L’arrêt du frigo devient vite une habitude bénéfique, car conserver un pain à température ambiante garantit une meilleure tenue dans le temps.
Quelques erreurs courantes à éviter absolument
- Choisir systématiquement des baguettes pâles, molles ou faiblement cuites
- Mettre la baguette au frigo alors qu’elle se conserve mieux dans un torchon propre
- Mâcher trop vite sans prêter attention à la texture ni au goût
- Négliger le travail du levain au profit de procédés industriels accélérés
- Confondre baguette traditionnelle et variantes industrielles
Corriger ces habitudes change radicalement la perception du produit, en redonnant toute sa dimension gourmande à ce pilier de la gastronomie.
Privilégier une sensorialité retrouvée
Garder la baguette fraîche, la couper juste avant consommation et prendre le temps de la savourer sont autant de manières simples d’honorer la tradition. Rien ne remplace le plaisir de l’odeur chaude du pain sorti du four, ni le léger “crépitement” de la croûte sous les doigts. Ces petits détails, jamais anodins, expliquent pourquoi bruno cormerais martèle que la façon de manger la baguette n’est pas un hasard.
Redécouvrir une alimentation plus attentive, centrée non seulement sur les ingrédients, mais aussi sur la texture, invite à renouer avec des sensations oubliées. Cela participe pleinement au rayonnement de la culture boulangère française, reconnue dans le monde entier pour sa qualité et son élégance discrète.
Redonner à la baguette traditionnelle la place qu’elle mérite
Loin d’être une lubie élitiste, la posture de bruno cormerais met en lumière des valeurs fondamentales : patience, transmission des savoirs, recherche permanente du bon goût et du geste juste. Défendre la cuisson de la baguette et le respect de la tradition, c’est promouvoir une vision durable, généreuse et exigeante du pain.
Chaque boulanger, amateur ou confirmé, dispose alors d’une feuille de route claire : miser sur une fermentation maîtrisée, privilégier les farines locales, opter pour une cuisson appuyée et proposer aux clients autre chose qu’un simple pain blanc et mou. Modernité et authenticité peuvent ainsi coexister, dès lors que le consommateur redonne de l’importance à la baguette croustillante et à toutes ses promesses gourmandes.





